L’infarctus n’est pas toujours précédé de symptômes visibles

 
Une analyse de plus d’un million de patients américains a révélé l’absence de douleur ou gêne thoracique dans un tiers des cas d’infarctus. Selon le Pr Hervé Douard, cardiologue au CHU de Bordeaux, les chiffres issus de cette étude étaient surprenants et on a l’impression que ça ne correspond pas à la réalité. L’étude en question montre qu’un patient sur trois hospitalisé pour un infarctus du myocarde n’a pas eu de symptôme thoracique (douleur ou gêne dans la poitrine). Elle résulte d’un registre d’envergure puisqu’il regroupe les données d’environ 1500 hôpitaux américains, soit plus d’un million d’infarctus survenus entre 1994 et 2006.


Dans l’étude publiée par le Journal of the American Medical Association du 22 février, l’absence de symptômes thoracique atteint 35%. D’autres symptômes sont cependant présents. Le Dr David Decroix, cardiologue à Avignon, indique qu’on peut avoir mal au ventre ou à l’estomac, d’autres fois ce sont des douleurs dans le dos, dans les épaules, dans le cou. Un essoufflement inhabituel, pour des efforts de la vie quotidienne, peut aussi être un signe d’infarctus. Et parfois, il n’y a aucun symptôme. Ce sont les examens qui permettent alors de poser le diagnostic.

«En cas de doute, il faut faire un électrocardiogramme et éventuellement des dosages d’enzymes dans le sang», détaille le Dr Decroix. Les médecins ont tendance à sous-estimer le risque lorsqu’il s’agit d’une femme et a fortiori si elle est jeune. Pourtant l’étude américaine montre que c’est justement dans ce cas que les infarctus sans symptôme thoracique sont les plus fréquents: 42% des femmes pour 30% des hommes. En fait, ce travail dévoile également que cette différence entre les hommes et les femmes s’estompe à mesure qu’une femme vieillit, en particulier à partir de 65 ans.
Les chercheurs américains précisent toutefois que: «La douleur ou gêne thoracique est le signe d’infarctus du myocarde le plus fréquent à la fois chez les femmes (58%) et chez les hommes (69%).» Ils ajoutent que ce symptôme reste un signe d’alerte majeur. 
Source: http://pharmacie.ma/pharmanews/view/ID/138